Rha folie, je me suis offert une petite escapade de quelques jours à Bordeaux laissant Bouchon aux soins de la pension ... Ce qu'il faut savoir (et je sais que tu sais, toi fidèle lecteur) c'est : "Si Bouchon pas travailler, Bouchon faire des bêtises". Quatre jours sans bosser cette fois c'est le loulou qui se prend pour un étalon et tente de monter la jument dominante du troupeau. Bilan pas trop mauvais : quelques balafres sur le corps et un scalp à l'arcade. C'est aussi aller se prendre les pieds dans un tas de ferrailles ... beaucoup de bruit, pas de bobo ouf ! En bref, que du bonheur !!!

Jour de mon retour, pas possible de monter Bouchon, lever à 4h30 du matin (merci Pounky) puis route Bordeaux-Bretagne egal greluche sur les rotules donc pas de coco juste le cocktail soin de la balafre, pansage, bisous. Le lendemain, bien motivée pour monter sauf que ... le patron de la pension s'est pris un sabot dans l'arcade (je précise c'était po le sabot de Bouchon !!!). Adieu balade, bonjour transport chez le doc pour points. Ce qui nous fait 6 jours sans bosser pour Bouchon ...

Aujourd'hui, miracle !!! Je peux enfin monter mon merdeux ! Nous décidons de partir en balade avec ma co-pensionnaire. Moi de lui annoncer "Bouchon n'a pas été monté depuis un moment à mon avis ça va swinguer ..." Et nous voilà parties, 20 minutes au pas tranquillou, les greluches qui papotent et Sieur Trou du Cul pas différent que d'habitude : un écart sur la souche habituelle, un sursaut à cause de la mouche qui pète, normal quoi ! Arrive not' beau chemin de galop, plus d'un kilomètre en ligne droite, le pied ! Bouchon le sait, Bouchon est prêt, Bouchon piaffe, Bouchon est content, content, content ... "On galope ? Tranquille hein !"

Départ canon pour le lardon, et là ... c'est le drame à peine quatre foulées plus loin, le voilà qui decide de montrer à ma cop's pourquoi il a été rebaptisé Bouchon par mes soins. Saut de mouton, tête entre les antérieurs, ce n'est plus un poney c'est un bronco sauvage ! J'encaisse le premier, je tente de relever la tête ... fatal error, suis en hackamore ... Deuxième décollage, adieu veau, vache cochon et surtout greluche. Séparation de corps, vol gracieux dans les airs et atterissage comme une bouse sur le sol. L'impact est violent mais je suis consciente, je sais que je suis tombée devant Bouchon, j'attends l'impact des sabots qui ne vient pas. Petit détail qui a son importance, je ne suis pas tombée sur les bandes d'herbe non non, j'ai fait ça "bien" en choisissant la bande de gros cailloux pointus parce que quitte à se bourrer autant faire ça dans les règles de l'Art.

Me voilà donc étalée telle un vieux chewing-gum sur mes caillasses. Suis en état de choc mais consciente. J'arrive même à parler à ma co-équipière "Me touche pas, attends." Analyse des données, bilan des pertes ... 5-10 mn plus tard je me relève, accrochée à Bouchon comme une moule à son rocher. Pas de perte de connaissance, pas de vertige, encore une fois merci mon bol à fraises d'avoir joué son rôle. A la question "Ca va ?" en bonne gonzesse que je suis ma réponse aura été "Non merde j'ai déchiré mon pantalon neuf !!!" Normal quoi !

Remonter or not remonter ? Pas d'hésitation, je me sens capable de rentrer en selle et je me dis que si je ne le fais pas tout de suite je risque d'avoir peur la fois suivante. Donc hop à dada sur le Bronco grâce à une main secourable sur ma fesse gauche. Retour au pas, moi tenant de manière précaire sur le trou du cul qui a été relativement sympa (juste un écart qui m'a arraché les larmes). Arrivée pension, descente du paquet grâce à une marche et un parpaing pour limiter la douleur (et là, merci l'éducation au montoir), soins succints au p'tit con, et me voilà partie pour un petit voyage aux urgences parce que j'ai un peu mal quand même.

Les urgences ... 3h de bonheur intégral à ... attendre ... attendre ... attendre ... il y a soupçon de fracture du bassin "Si c'est ça Mademoiselle, c'est au moins 6 semaines sans monter ... de toutes façons j'aurai même pas besoin de vous l'interdire la douleur vous empêchera pour moi" Mouah ah ah il est rigolo le Mossieur ! Au final le bilan est moins catastrophique : un adducteur dans le sac (ça fait un mal de chien), les reins en compote avec lacérations, un troisième genou et des cervicales un peu remuées. Je m'en tire plutôt bien si ce n'est que une désagréable sensation de me balader avec non pas un balai mais une énorme bûche dans mon popotin délicat.

Reste à être patiente (hum !) et attendre bien sagement sans (trop) bouger que je me répare (parait que ça risque d'être long). Punie de voiture, punie de poney ... je vais crever ! De toutes façons, ma jambe droite refuse de m'obéir, je ne peux pas m'échapper bien loin.

Ma tête ayant tapé, mon casque d'amour part à la poubelle illico (suis deg' c'était mon beau Troxel !!!), il a rempli le contrat comme son prédécésseur avant lui. Bénis soient-ils tous les deux ! Me voilà à la recherche d'un remplacant, un peu de shopping y'a rien de mieux pour occuper une greluche, à condition de pouvoir ... conduire ! Snif !

Note de la Greluche : Aprés interview de notre seule et unique témoin, il s'avère que je n'ai même pas réussi à encaisser le premier saut de mouton. Pffff déception, ma fierté en prend un coup !

Voilà !!! Comme dirait l'autre "Je tombe pas souvent mais quand ça m'arrive, je fais ça avec panache"