Maestro : Futur petit cheval d'amazone

Maestro ou la vie d'un petit cheval d'amazone qui ne veut pas voyager. Chroniques épiques (et hippiques) au gré des petits évènements du quotidien.

30 octobre 2008

La voix pour seul guide

Rhaaaaa ça y est ! L'heure de la revanche contre le passage à l'heure d'hiver a enfin sonné !!! Je me l'étais promis que j'arriverai à caser une séance de longe aprés le boulot malgré les jours qui raccourcissent à vitesse grand V et c'est maintenant ! J'ai une longueur d'avance sur le programme grâce au patron de la pension qui m'a attrappé le lardon avant que j'arrive. Pour le pansage, je me la joue ultra sommaire en ne brossant que la tête. De toutes façons pour ce qui est du reste du corps à moins d'avoir un karcher ultra haute pression, il est clair qu'il n'y a aucun moyen de venir à bout de la couche de glaise fraîche qui enrobe le Michoko.

Hop regroupement du matériel : longe ... OK, chambrière ... OK, paire de gants ... OK, lardon ... OK, bottes caca d'oie ... OK ! L'équipe est ultra motivée, le matériel à la pointe de la technologie, reste à aller jusqu'au bac à sable et là, c'est déjà un exploit ! C'est qu'elle est loin la carrière, à au moins pfiou 100 mètres, et pour y aller il faut emprunter un chemin étroit descendant entre deux clotûres et surtout paré d'une magifique couche de boue oh combien glissante. Je remercie ici la pluie qui, en quelques jours, a signé la réapparition de Glaiz Land. Déjà en plein jour dans ces conditons, aller à la carrière sans risquer sa peau est une gageure, là avec la lumière en moins c'est tout simplement de l'inconscience ! A chacun sa technique, pendant que Bouchon descend précautionneusement, ne levant un sabot que quand les trois autres sont posés bien solidement au sol, pour moi c'est la technique "chasse-neige". Les pieds en pointe je glisse tout schuss sur la pente douce, battant des bras et de la chambrière pour équilibrer le tout. A bien y réfléchir je crois que je suis complètement folle de vouloir m'entêter à bosser le lardon dans ces conditions mais butée suis-je alors je godille tant bien que mal jusqu'au bac à sable devant un Bouchon que je soupçonne hilare.

Enfin arrivés sur le sable ferme, la nuit est définitivement tombée mais les yeux se sont progressivement habitués à ce manque de lumière. Dire que je vois comme en plein jour serait mentir, je distingue vaguement Bouchon au bout de sa longe et je me doute que pour lui cela doit être à peine mieux. Premiers tours de longe un poil laborieux, difficile de piloter le poilu quand on voit à peine où il se trouve et ce qu'il fait, surtout quand je me rend compte que, oh révélation suprême, dans le noir le lardon ne peut pas décrypter mes placements de corps et indications gestuelles. Bin voui cela semble évident comme ça mais j'étais tellement obnubilée par le fait de vouloir absolument bosser le loupiot que j'ai complètement mis au second plan les contraintes techniques dûe à l'obscurité. Ajoutons aux difficultés, l'impossibilité de faire sifflet la chambrière dont le fouet n'a rien trouvé de mieux que de s'engluer dans le sable détrempé. Reste la voix, précieuse amie, qui guide dans la tourmente le vaisseau amiral Bouchon qui use de la meilleure volonté du monde pour me comprendre.

Malgré les difficultés de départ, la séance va au final se dérouler presque normellement aux trois allures mais franchement même s'il était trés interessant de devoir trouver des solutions aux difficultés de communication ce n'est pas une expérience qui sera renouvelée de sitôt vu la somme d'énergie dépensée pour une minuscule vingtaine de minutes de boulot approximatif. C'est donc à la plus grande joie du lardon que je décrète officiellement la fin du programme d'entraînement commando entamé depuis Juin et le début de la période de semie-dilettante hivernale. J'avoue, j'enrage un peu mais ce n'est que partie remise au printemps prochain. Reste à braver de nouveau le chemin retour jusqu'à l'écurie en s'agrippant telle une perdue aux piquets qui le borde ... à bien y réfléchir je crois que dans l'histoire, celui qui s'est le plus dépensé n'est pas celui que l'on croit ! 

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28 octobre 2008

L'Indiana Jones des prés

C'était pourtant un plan bien huilé pour faire la nique au passage à l'heure d'hiver. Pendant que je combattais la rocade bordelaise, Liti et Greg m'avait rapatrié le lardon. Mieux ! Ils me l'avaient même brossé pour me laisser une chance de pouvoir le faire bosser un peu avant la nuit tombée. Arrivée toute guillerette à la pension, séance de Vanator ou travail à la longe entre les deux mon coeur balance. Oui mais voilà, y'en a un qui s'est sans doute dit qu'Halloween approchait à grands pas et qu'il fallait fêter ça dignement. Et oui, le voici, le voilà, le grand retour du balafré ! Si les cicatrices font l'aventurier je peux d'hors et déjà dire que Bouchon est l'Indiana Jones des prés !

Première étape, évaluer la blessure. Facile me direz-vous. Oui certes quand il y a assez de lumière ! Demi-tour donc pour aller chercher la lampe frontale. Sous les poils de nounours il y a bien une blessure à l'intérieur de l'antérieur gauche, une petite trainée de sang trahi sa présence. Bobo repéré c'est déjà ça, reste à déblayer le terrain pour avoir une chance d'entrevoir l'ampleur des dégâts. C'est là que le travail d'équipe commence, une belle symphonie en trio où chacun a son travail à faire. Premier membre : Bouchon. Une seule mission : être mignon comme un coeur. Se faire soigner, il connaît en long en large et en travers expérience oblige. Deuxième membre : Liti. Missions, surveiller le lardon et éclairer le champ de bataille pour permettre au troisième membre, ma pomme, de faire les soins sereinement ...

L'équipe est prête, on peut attaquer. D'abord raser généreusement les poils de nounours tout autour de la plaie en évitant si possible de couper un bout de viande au passage. La plaie est rasée, il faut à présent la nettoyer. D'abord à l'eau pour chasser au maximum les impuretés pour limiter ensuite les incursions douloureuses de la compresse récureuse. Dans l'idéal, il faudrait du sérum physiologique ou de l'eau fortement salée. A défaut, l'eau "toute bête" fait l'affaire. Pas de douche ? Pas de problème, un vaporisateur ou une seringue (propre je précise) permettent d'avoir assez de pression sans transformer l'écurie en flaque géante. Deuxième étape "rasage et nettoyage" terminée. L'équipe peut s'offrir une pause. Un petit bonbon au réglisse donner discrètement au grand blessé aide à entretenir sa totale coopération.

Maintenant que le champ de bataille est propre et déblayer, on peut évaluer plus facilement la gravité de la plaie et les soins à y faire. Une grosse région pelée, une autre au stade de plaie peu profonde (mais au delà du "petit bobo") et, joie intense pour les estomacs fragiles, un lambeau de peau qui pendouille nonchalement. Couper ou ne pas couper ce bout sanguinolant ? Si d'un côté la sensibilité stomacale hurle trés fort "Touches pas on verra plus tard." le bon sens, lui, dicte de se débarasser du superflu pour faciliter la cicatristation future. Un ciseau qui coupe bien, une grosse inspiration, surtout ne plus se laisser le temps de réfléchir ... Clac ! Le lardon n'a même pas trésailli, c'est un warrior, un vrai, un qu'a des poils ! Nouveau rinçage. Voilà la plaie est parée, fin de la troisième étape !

Reste à désinfecter à l'aide d'une compresse imbibée de bétadine. Je tapote doucement, ne négligeant aucun recoin, chassant les dernières impuretés rebelles. Bouchon tressaille légèrement mais reste sage. C'est là qu'on apprécie pleinement d'avoir un cheval éduqué et coopératif. Reste à choisir le produit que je vais appliquer pour finir. Cothivet en spray ou Tifène en gel ? J'opte pour le gel qui va avoir le mérite de "remplir" la plaie, je garde le spray pour la fin de la cicatrisation. Quatrième et dernière étape achevée ! Fin des soins. La nuit est tombée depuis un petit moment. Combat Nuit versus Greluche terminé ! Victoire écrasante de l'obscurité grâce à l'aide inespérée de mon Albator à poils longs. Aller je ne me plains pas, des bobos je n'en ai pas eu tant que ça cette année. On va prendre ça pour un stage de révision aux premiers secours ...

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27 octobre 2008

Amours équines

KikiLion2005

Ma vie de cavalière a été jalonnée d'amours équines. Il y a eu le premier béguin, Châtaigne le shetland rase-motte. Couleur chocolat et poils de nounours, celui pour qui mon coeur a pour la première fois fait "Boom". Il y a eu les premiers flirts, les amourettes, Géronimo et Choux-Fleurs, Pollux, Orage, Ile d'Or et Prince, tous ces poneys de club, qui passent de main en main sans oublier de laisser une trace dans nos coeurs de gamines.

Vient le premier amour d'enfance, sans condition, Pompon, le mal-aimé, le noir tout pelé, le poney d'attelage dont tout le monde se fout et qui a les pieds pourris faute de soins. Il n'était pas trés beau mais qu'importe, pour lui j'ai découvert que monter n'était pas tout et qu'une relation pouvait exister même en restant "par terre". Premiers coups de foudre, Diva la jument noire comme l'ébène rencontrée le temps d'une colo, Indien le poney parfait, Ugolin le cheval cabotin qui tire la langue pour qu'on lui gratte ... la vie sentimentale d'une cavalière de club est mouvementée, malmenée, au rythme des départs et des arrivées dans la cavalerie. C'est la vie ...

Et puis un jour sans qu'on s'y attende c'est le grand Amour, Kiki, le tout premier, celui pour qui on est prête à jurer que ce sera le seul, l'unique, le dernier. Aprés ce n'est pas possible on ne peut plus aimer comme ça. On vit de grandes choses, on partage des moments inoubliables, la vie de cavalière est transformée à jamais. On finit par se persuader que cela ne se terminera jamais et pourtant, pourtant, c'est la rupture, la séparation. Un coeur sans sa moitié n'est plus tout à fait vivant, il hurle son chagrin, crie sa souffrance, vomit sa colère mais tant qu'il s'exprime c'est qu'il vit encore et n'est ce pas l'essentiel ? Même si on hurle que tout est finit, que les sentiments sont morts, on ne peut aller contre le temps qui fait son oeuvre et cicatrise même les plaies les plus profondes.

Le coeur se reconstruit en cachette et un jour, on se retrouve toute étonnée d'aimer à nouveau. Certes ce n'est pas la même chose mais cela reste de l'amour et de cela personne ne peut en douter. Deux ans mon Grand ... joyeux anniversaire mon Kinou, le temps passe si vite, mon coeur de cavalière n'est pas mort, il aime à nouveau. Et toi, nous, notre histoire n'est pas morte, je le sais à présent. Il suffit d'en parler pour que tu sois là comme si c'était hier et Dieu sait que j'en ai des choses à raconter ! Notre première rencontre coup de poing, nos balades par monts et vallons, mon baptême de sulky qui a manqué se finir dans les ronces, ta façon de t'échapper pour aller voler des figues, notre semaine en dordogne, nos rencontres au gré des chemins, notre première fois en amazone ...

Non pas de doute, tu es toujours là, vous êtes toujours là ! Amours équines, vous m'avez construite, vous faites partie de moi ... joyeux anniversaire à tous je ne vous oublie pas !

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26 octobre 2008

Heure d'hiver

Bon bin voilà, il faut se rendre à l'évidence, la saison pourrie est bien là ! Changement d'heure, fini les balades le soir aprés le travail, finit les séances de Vanator avant de rentrer à la maison, adieu le planning spécial "futur champion" qui taille un corps d'athlète et fait transpirer la greluche. Je hais cette période sans aucun doute possible, le manque de lumière me tape sur le moral au plus haut point ... du côté du lardon par contre, je soupçonne que ce soit la fête. Ca sent les semaines à ne rien faire, les jours entiers à buller avec un seul souci : faire du gras ! D'ailleurs pour fêter ça, ce soir le lardon a inauguré une nouvelle allure apparement fort à son goût mais trés peu au mien : le galop-cou'd'cul". Allure fortement sautée et basculée pour laquelle les spécialistes recommandent tous la même position : "Accroches Greluche à tout ce que tu peux !!!". Position testée et approuvée par mes soins !

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24 octobre 2008

Vanator Therapy XII

081017_Bouchon_camion1

Rhaaaaa ça y est c'est fait !!! Le diable dans la boîte avec le pont fermé ... et dans le calme en plus ! Tous les soirs sans faiblir, le même rituel : monter le lardon, fermer le pont, causer, ouvrir le pont, laisser le lardon attendre, refermer le pont, re-causer, re-ouvrir le pont, re-attendre et enfin demander à Gueule d'Amour de descendre. Et tout ça pour quoi je vous le demande : pour ne pas que Bouchon assimile "pont ouvert = je descends sans attendre". Un petit rituel important qui rend les chevaux patients et leur apprend à ne pas anticiper la descente de la boîte.

En bref étape validée, nous avons entamé ce soir la suivante : monter dans le camion alors que le moteur tourne. C'est un peu comme tout recommencer à zéro mais en mettant moins de temps pour aller du "je suis dehors" à "je suis dedans". Cette étape s'annonce éprouvante tant pour le lardon qui frétille de la fesse de stress que pour moi qui sait que je surfe sur des bases chèrement acquises qui restent fragiles. Le chemin s'annonce encore un peu long mais ce n'est pas le moment de faiblir. Je peste déjà contre la changement d'heure qui va réduire considérablement les séances de travail. Qu'importe, cela mettra plus de temps lais nous continuerons d'avancer screugneugneu !

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21 octobre 2008

Le paradoxe de la botte caca d'oie

Arriver à la pension et voir le troupeau de douze bestioles jouer à qui mieux mieux est un vrai plaisir pour les yeux. C'est un bonheur de voir son cheval vivre une presque vraie vie de cheval, le voir communiquer, interagir avec les copains. Certes quand on sait qu'il a plu toute la journée et que le terrain est pire qu'une patinoire on sert les fesses trés fort en espérant que Sieur Lardon nous fera pas une cascade non contrôlée ...

Force est de constater que les quatres pattounes motrices offrent une stabilité à toutes épreuves. Pendant que l'un s'offre le luxe de dérapages joyeux, l'autre bats vivement des ailes pour garder son équilibre malgré le revêtement crantés de ses bottes caca d'oie ... et oui ça y est, c'est le grand retour de la botte top glamour tendance que si tu les as pas au pied t'es pas branchée. Et le paradoxe est là : t'as les bottes à la dernière mode donc t'es super classe mais tu gesticules comme une dératée donc ... t'as l'air con ! Et si malgré tout, tu te vautre dans la glaise, ta réputation est définitivement morte pour les quinze années à venir ... en bref, foutue saison !

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20 octobre 2008

Envie de rien faire et pourtant ...

Il y a des jours où je n'ai pas envie de monter ni rien. Des jours où juste "bêtement" m'occuper du lardon me suffit. Un coup de brosse, des caresses et la ration point barre. Ce soir c'est un jour comme ça, je n'ai envie de rien faire seulement voilà la "culpabilité" m'assaille. Bientôt le changement d'heure, il en sera fini de la possibilité de bosser le lardon en rentrant du travail et puis je sais déjà que demain la pluie fera son retour, j'aimerai réussir à tenir mon super planning d'entrainement de la mort qui tue le plus longtemps possible avec la moche saison.

Ecouter le petit diable qui prône avec véhémence la flemmingite aïgue ou le petit ange qui sussure que je ferai mieux de bosser tant que je le peux encore ? Entre les deux mon coeur balance et vu que je suis pour la paix des méninges, j'opte pour une solution intermédiaire : une séance de longe en mode "Cool Raoul" comme ça j'ai presque l'impression que le lardon bosse mais on bosse pas trop ... Oui je sais c'est tordu mais on fait ce qu'on peut pour se donner bonne conscience. Soyons claire, si j'avais demandé l'avis du lardon il m'aurait sans aucun doute dit "Oulàààà te force pas ma pauvre hein, on va rester peinard faudrait pas que tu te fasse une entorse du petit doigt".

Ce sera donc séance ludique à jouer avec les transitions et surtout les changements de main à distance qui au fil du temps se perfectionnent. Je regrette pour le moment de ne pas avoir les structures possibles poour jouer en liberté avec Bouchon, je suis sûre qu'on s'éclaterait. Moi avec mes idées farfelues et lui avec sa réactivité à fleur de peau ... ceci dit il n'est pas dit qu'un jour on ne le fera pas.

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16 octobre 2008

Vanator Therapy XI

Un mois s'est écoulé depuis la dernière fois que j'ai mis Bouchon dans le camion. Je n'ai depuis pas recommencé, l'étape étant acquise j'ai fait le choix de le laisser un peu en paix avec ça pendant que je cogite à qui mieux mieux sur le fichu casse-tête de la fermeture du pont. Rideau de drap en lamelles, bâche tendue en guise de fermeture ... des idées plus ou moins réalisables ont été posées sur la balance avec une seule obsession : la sécurité de tous. Chaque piste avait ses avantages et ses inconvénients, avec pour la plupart une mise en oeuvre difficile et l'obligation d'avoir plusieurs personnes pour m'aider le jour J. L'étape "Moteur en marche" n'a finallement pas été possible elle non plus jusqu'à présent : impossible d'avoir les clés du camion (trés utiles somme toute pour démarrer) au moment voulu. Un mois que je stagne et que cela m'énerve !

Ce soir, tout le monde est parti de la pension, je suis seule avec Bouchon. Séance de longe avec sauts de puce, le lardon a été particulièrement appliqué et disponible au travail aprés plusieurs jours en mode "Givré". Ce sont les conditions idéales pour s'offrir une petite séance de révision des acquis de la Vanator Therapy. Hop amène le coco au camion, lui demande l'immobilité le temps de baisser le pont, se placer sur le côté et demander l'embarquement immédiat dans la boîte. Tout se passe comme sur des roulettes. Hop monte dans le camion, gratouille au passage pour féliciter la bonne conduite, agites le bas-flanc, redescends et regardes toute guillerette le loupiot attendre bien sagement qu'on lui donne l'autorisation de descendre.

"C'est trop bête de s'arrêter là, y'a personne pour m'aider mais je peux au moins l'habituer aux grincements du pont". Ca c'est une idée !!! Hop prends le pont à bras-le-corps et soulève précautionneusement l'engin dix mini-centimètres au dessus du sol. Hiiii ! (grincement du dit-pont). Pas de réaction. Repose le pont, souffle et se dit que décidement vu comment il est gentil y'a moyen d'aller plus loin ... Hiiiiii ! Le pont culmine à 30 cm, toujours aucune réaction. Les yeux rivés sur le lardon je ne cesse de lui parler. Hop repose le pont, et avant qu'il n'en ait l'idée, je lui demande de descendre. On souffle (enfin surtout moi) et je redemande un embarquement. Re-gratouille, re-pont ... Hiiiii ! 30 cm ... Hiiiiiiiii ! 50 cm ... j'ai le souffle coupé, les mains moites ... Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! Il ne reste plus que 40 cm pour fermer le pont totalement. Du côté du lardon, c'est la Zen Attitude. Je pourrai, oui je pourrai, fermer complètement, il suffit de rien du tout. Je ne suis qu'à quelques centimètres du bol de sangria mais j'ai déjà appris à mes dépends que vouloir aller trop vite est la pire des erreurs.

Alors, le pont a retrouvé la terre ferme, les sabots du lardon aussi et moi, moi, je flotte à 15 000 pieds au dessus du sol, totalement hébétée d'avoir passé l'étape que je redoutais le plus depuis tout ces mois aussi facilement que cela. Adieu bâche, rideau et autres installations farfelues je n'aurai pas besoin de vous, d'ici peu le pont sera totalement fermé sans aucun artifice ni ruse de greluche. Ce soir, j'ai un sourire idiot gravé sur le visage, je peux enfin m'autoriser à rêver un peu à des aventures sur les routes de la région ... mais juste un peu ...

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15 octobre 2008

Chaud le marron ... chaud !!!

Une semaine que ça dure, il est chaud mon lardon, il est chaud !!! Que ce soit en carrière ou en exterieur c'est la même chose, le petit pois est méchamment agité. Ce qui d'habitude ne provoque aucune réaction est devenu par on ne sait quelle malédiction "un truc qui fait vachement peur" ! Festival d'écarts et ronflements en tous genres, plots, murs de chantier, escargot ... tout est prétexte à clowneries. Pas le temps de m'ennuyer une seule seconde, réussir à faire un tour de carrière sans embardée devient un sport national. Et ce qui me rassure "un peu" dans tout ça c'est que même Galant l'Impassible est dans le même état. Changement de saison et météo complètement folle doivent être une partie de l'explication. En tous cas ça décoiffe !

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06 octobre 2008

En mode "Sucette"

La question du jour : "Je monte ou je longe ?". Horrible dilemne ! Flemme or not flemme de hisser mon royal popotin sur le dos du lardon ? Une aprés-midi de réflexion plus tard (il faut au moins ça !), c'est la longe qui remporte les suffrages et il faut croire que c'est la divine providence qui m'a soufflé cette bonne idée.

A peine arrivés dans le bac à sable que le lardon s'offre le plus gros coup de stress qu'il n'ait jamais eu depuis que je l'ai (en dehors des épisodes Vanator évidement). Les petons ancrés bien profondément dans le sable, il fixe l'autre côté de la route ... mais quoi ?! J'ai beau chercher je ne vois rien de nouveau au paysage habituel : les vaches sont à leur place, les biquettes empestent l'air ambiant, rien de particulier par rapport à d'habitude mais pourtant, oui pourtant, le lardon lui a senti quelque chose qui ne lui revient pas. Les yeux roulent, les naseaux ronflent, et voilà Mister Lardon en mode "Sucette". Note à moi-même : mon pouney a des capacités inexploitées dans les allongements au trot !

J'ai beau chercher je ne vois aucun monstre tapis derrière les buissons. Que faire alors face à un Bouchon clairement en stress ? C'est terrible comme dans ce genre de situation on a peur de faire le mauvais choix tactique. Deux solutions : oublier la séance de longe et rentrer à l'écurie ou faire comme s'il n'y avait rien de particulier et poursuivre le boulot. J'opte pour la seconde solution pour ne pas risquer voir le loupiot assimiler "J'ai peur" à "Courage fuyons !" tout en allégeant le programme du jour.

Faisant contre mauvaise fortune, bon coeur, le lardon travaille du mieux qu'il peut, prenant sur lui au maximum. Le stress sort par tous les pores de la peau. J'entrecoupe les mini-exercices de pauses réconfort que le lardon vient chercher tout contre moi, la tête dans mes mains. De ce côté-là, je ne peux que me réjouir de voir que Bouchon a fini par assimiler ma présence à la sécurité et au réconfort. Jour aprés jour, notre relation se renforce et c'est dans des moments extrêmes comme cela que je peux le vérifier.

Pas de doute ce n'est pas du cinema, malgré une séance trés allégée il sort de là trempé et fumant chose qui ne nous est jusqu'à présent jamais arrivé même aprés de grosses séances. L'inquiétude ne l'a pas lâché une seule seconde et je finis par soupçonner une odeur de bête morte d'en être la cause. La brume colonise peu à peu le pré, aucune chance de faire sécher le lardon dans le bac à sable alors c'est dans les vignes que nous partons marcher en quête de sérénité.

Séance mémorable dont je ne retiendrai qu'une chose : même en stress intense, pas une seule fois le lardon n'a tenté de me quitter. Il semble que je sois devenu son référent et cela m'ouvre un horizon optimiste quant à la suite de notre "Vanator Therapy". Je vois d'ici venir la blague : obligée de voyager avec lui dans la boîte pour le réconforter ... reste à savoir qui alors sera au volant ?!

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