19 février 2008
Fantômes du passé
Lorsque je suis arrivée à la pension l'année dernière j'ai fait le choix de prendre le même maréchal que tout le monde. Le maréchal de Kiki était pourtant merveilleux mais je savais qu'en continuant à travailler avec lui j'aurai sans cesse le fantôme de mon gros dans son sillage, pas facile alors de tourner la page.
Un an donc à travailler avec un nouveau maréchal et dés le début la collaboration s'avère difficile. Habituée que j'étais à un maréchal "Roll Royce" trés expérimenté et qui avait partagé avec moi son savoir (j'ai paré Kaline la vieille jument sous sa surveillance, remis des fers, renforcé des ferrures ... pendant prés de 10 ans), j'avais beaucoup de mal avec ce nouvel "artiste" beaucoup plus jeune, bien moins d'expérimenté mais d'une prétention sans égal. Qu'en plus une vulgaire "gonzesse" ose lui dire que son travail laissait à désirer n'aidait pas à la paix de notre nouveau ménage.
Une année, à fulminer contre son travail "à la truelle", ne le laissant parer Bouchon que trés épisodiquement, préférant prendre la responsabilité de le faire moi-même plutôt que le voir voir ruiner à long terme les aplombs de mon lardon. Des mois d'hésitations à me demander combien de temps cette mascarade allait durer, à me demander si j'étais prête à affronter mon vieux fantôme plutôt que de bosser avec cet énergumène.
Et puis le ras-le-bol arrive (mieux vaut tard que jamais dirons nous), ce n'est pas des vieux souvenirs qui vont avoir raison de moi nom de Zeus, un coup de fil et me voilà replongée la tête la première dans mes vieilles histoires. Si y'en a bien un qui est content d'avoir de mes nouvelles c'est bien mon maréchal. Le voilà qui hurle au téléphone (mon oreille en est encore toute rouge la pauvre), heureux comme un pape de me voir refaire surface et boulversant son emploi du temps de ministre pour venir s'occuper de mon lardon ...
Ce que je redoutais ne se fait pas attendre, dés son arrivée à la pension j'ai droit à des nouvelles de "mon" Kiki. Je suis tentée de lui hurler que je ne veux rien savoir et puis à quoi bon ... j'apprends ainsi que mon gros va bien et qu'il ne fait plus rien. Bah à la retraite à 15 ans y'a pire comme vie, un poids s'envole, je peux arrêter de m'inquiéter pour lui ... du moins essayer.
"Non mais t'es allée chercher CA en Bretagne ? T'es pas folle non ?!" Arf, je l'avais pourtant prévenu que j'avais un tantinet changé de gabarit, mais il ne s'attendait pas mais pas du tout à tomber sur un pouney poilu des bêtises plein les yeux. Bah je l'aime mon lardon Gueule d'amour et puis je sais d'avance que le vieux râleur ne mettra que peu de temps à tomber sous le charme breton. Etat des lieux pas trop pire, y'a du boulot mais en deux mois environ on devrait récupérer la situation. Je m'estime heureuse, pour Galant le délai annoncé est de six bons mois. A croire que j'ai réussi à limiter la casse en parant moi-même ...
Pendant ce temps ça pare, ça râpe et ça découvre des "surprises" qui sont curetées avec soin. Voilà le lardon avec des pieds façon gruyère, pas le choix, il fallait assainir tout ça, le goudron de Norvège va pouvoir prendre le relais. Et puis la sentence tombe : il faudra ferrer Bouchon la prochaine fois, vu la qualité de sa corne et celle du terrain alentour. Là où certains ne jurent que par le pied nu, moi je me fie entièrement à son jugement. Ce sera donc pour la prochaine fois. Il n'y a que le ferrage des postérieurs que je refuse : le lardon au pré a plutôt tendance à avoir le pied leste, mieux vaut prévenir que d'avoir une longue file de chevaux à la carrosserie rayée sur la conscience ...
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