03 septembre 2007
En dextre
Deux chevaux à faire travailler le soir et une seule greluche. C’est donc l’occasion d’utiliser la bonne vieille méthode de la « dextre » bien pratique pour la feignasse que je suis. C’est quoi t’est ce ma bonne dame ? Et bien, c’est le fait de faire travailler deux chevaux en même temps, l’un monté guidé de la main gauche et l’autre à côté guidé de la main droite. Frédérique Vigné présente d’ailleurs un très beau numéro de dextre en amazone pour référence … m’enfin nous sommes bien loin du niveau et du travail effectué. Pour ma part, le cheval de droite est tenu en longe avec un licol fin et c’est avant tout le moyen de sortir deux chevaux en extérieur en même temps. Sensation grisante de se dire qu’au bout de chaque main il y a plus de 500 kg de muscles et que ce sont mes petites mains de poulet qui maitrise tout ce beau monde … voilà pour la théorie …
Du côté de la pratique déjà c’est plus sport, surtout avec des chevaux qui n’ont jamais travaillé ainsi. Ce soir c’est Xanthos le cheval de Troie qui sera monté, je me dis que son « métier » ainsi que la qualité de sa bouche en fond le candidat idéal, longé ce sera donc Bouchon, lui qui est bien mis au travail à pied et qui maitrise les ordres vocaux. Je vous l’accorde la greluche est joueuse car dans ce tableau idyllique il a aussi les paramètres « funs » : Xanthos ne sait qu’aller « à fooooond !!! » et Bouchon est potentiellement un bocal de nitroglycérine à ne pas trop secoué si on veut pas que ça explose …
Une fois en selle, un premier imprévu entre en scène : Xanthos a peur d’un engin agricole stationné sur l’aire de pansage … Bouchon de son côté attend comme si de rien n’était qu’on s’occupe un peu de son cas. Retour au calme, hop je prend la longe du lardon. Hum ! Deuxième imprévu : Xanthos a peur de la longe que je tiens en main … Je suis zeeeeeen, je vais biiiien, respires greluche, respires … Enfin tout le monde est prêt, à nous les vignes !!! Bouchon ne met que quelques micro-minutes à piger ce qu’on attend de lui. Fierté intense, bouffée de tendresse : il est fort mon coco ! Sous la selle par contre, c’est Hiroshima ! Mon poids-lourd ne pense qu’à gicler en avant version départ de Vincennes, et je bénis la qualité de sa bouche qui me permet, au prix d’une contracture géante du bras gauche, de maintenir l’allure de notre équipage … et Bouchon de regarder son pote de travers style « Non mais pourquoi tu te fatigues comme ça toi ? Non parce que là c’est cooooool Man !!! ».
Deux petits tours des vignes plus tard, nous rentrons. Le bilan est finalement positif en particulier pour le lardon qui a démenti de sabots de maître sa réputation de cocotte minute. Ca progresse, ça progresse on tient le bon bout !!!
























